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Bois de chauffage : la dernière tendance énergétique


Durant les années 2014, 2015 et la 1ère moitié de l’année 2016, le marché du chauffage à bois-bûches (combustibles et appareils) a connu des baisses allant de 12% à 30% selon les secteurs. Mais pourtant, cette tendance négative ne traduit nullement un refus d’adhérer à la transition énergétique préconisée et encouragée par les pouvoirs publics. Seuls des facteurs d’ordre conjoncturel et technique ont poussé les français à abandonner provisoirement leurs projets de changer leurs anciens systèmes de chauffage. On peut en citer 2 : une baisse importante des prix du gaz et du fioul, des hivers 2014/2015 et 2015/2016 anormalement doux.
Aujourd’hui, plusieurs indices indiquent que cette tendance énergétique des années 2014 et 2015 allait se renverser et qu’à partir de janvier 2017, le marché du chauffage à bois va reprendre sa croissance et que le Bois-Energie va accroitre sa part dans la consommation énergétique globale en France.
Pourquoi cette baisse de la part du chauffage à bois durant les années 2014 et 2015?
Comment le bois de chauffage va-t-il s’imposer de nouveau comme une énergie propre et moins coûteuse sur l’année 2017 ?

2014 et 2015 : une conjoncture défavorable pour le Bois-Energie


bois chauffage
Source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Boiler_and_Cylinder.jpg

La baisse des cours du pétrole explique la baisse des prix ses dérivés destinés au chauffage : le fioul domestique et le gaz naturel. De janvier 2014 à mai 2016, les prix du gaz naturel ont baissé de 10 à 13%. Le prix du kWh PCI de chauffage produit avec du gaz naturel tarif B1 était de 6,20 centimes d’euros en juin 2016. Quant au prix du kWh PCI avec du fioul domestique, il était descendu à 7 centimes d’euro en octobre 2014 et à 6,64 en juin 2016. Comme le montre clairement le graphique ci-après, en juin 2016, les coûts du kWh au fioul et au gaz naturel sont devenus presque les mêmes que ceux du kWh aux granulés de bois (chauffage au bois le plus performant) : 5,68 centimes pour les granulés de bois en sacs et 5,46 centimes pour les granulés de bois en vrac. Il est ici utile de signaler que malgré la baisse des coûts du chauffage au fioul et au gaz naturel durant ces 2 ans et demi, le prix du chauffage au bois-bûche était resté très compétitif : 4 à 4,3 centimes d’euro pour le kWh durant toute cette période!

Comment peut-on alors expliquer la baisse des ventes d’appareils de chauffage à bois bûches durant la période allant de janvier 2014 à juin 2016?

Pour les appareils à bûche compressée, les baisses s’expliquent essentiellement par 3 facteurs : leur rendement calorifique jugé insuffisant si on les compare au chauffage à granulés, les émissions de particules fines dans l’air (combustion incomplète) et l’effort physique continu pour les alimenter en bois et pour les entretenir (ramonage des conduites, nettoyages des cendres…). Les appareils de chauffage à granulés de bois (chaudières, poêles et inserts) sont plus confortables : certaines chaudières à alimentation automatique en granulés de bois sont chargées pour une année entière.


Source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Okofen_wood_pellet_boiler.jpg

Concernant les ventes d’appareils à granulés de bois, elles ont au contraire enregistré des augmentations allant de 7 à 12,5% durant cette période avec des rendements calorifiques en progression constante : autour de 80% et possibilité d’atteindre les 90% sur le court terme.
Mais ce taux maximal de 12,5% est considéré comme modeste si on le compare à celui des ventes de chaudières à fioul et à gaz qui représentent encore à elles seules 66% des ventes totales de chaudières en France chaque année. Avec un prix du gaz et du fioul presque le même que celui des granulés de bois durant cette période, on comprend alors pourquoi les français ont choisi la solution de chauffage la plus confortable pour eux.
Avec les augmentations annoncées des prix du gaz et du fioul domestique, leur comportement sera-t-il le même en 2017?

Les atouts du bois de chauffage à partir de janvier 2017

Comparé aux autres formes d’énergie de chauffage consommées en France, le bois garde le potentiel de croissance le plus élevé durant les prochaines années. En effet, selon le service de l’observation et des statistiques relevant du ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, seulement 4% des ménages se chauffent uniquement au bois et 7 millions de ménages utilisent le bois comme chauffage d’appoint (chiffres de 2015).
En raison de l’arrêt de 22 centrales (13 en décembre 2016 et 9 en janvier 2017), soit près du 1/3 du nombre total de centrales nucléaires et avec un hiver très rude, le réseau de transport d’électricité (RTE) avait lancé une alerte le 5 décembre 2016 pour limiter la consommation électrique : sa 3ème et dernière étape comporte la possibilité de recourir à des coupures de courant le matin jusqu’à 13h et en fin d’après-midi de 18h à 20h.
Devant cette situation, le chauffage au bois pourrait être la solution idéale pour l’habitat qu’il soit individuel ou collectif. Le chauffage électrique est tributaire d’un fournisseur unique (EDF). De ce fait et en cas de grand froid, il peut être partiellement responsable de pics ou de pointes de consommation et ces dernières peuvent engendrer des coupures dans différentes régions. Par contre, le chauffage au bois assure une autonomie du logement en fonction du stock de  bois de chauffage dont il dispose. En plus du coût le plus faible du marché de l’énergie, le bois de chauffage est issu de forêts gérées d’une manière durable. Contrairement au fioul et au gaz (énergies fossiles) responsables des émissions de GES (gaz à effet de serre), le bilan carbone du bois de chauffage est nul!
Le problème des déchets toxiques est commun à l’électricité d’origine nucléaire et au bois de chauffage. Mais la solution du problème des émissions de particules fines par les appareils de chauffage à bois pourrait être plus facilement trouvée que celle des déchets radioactifs (nouvelles techniques d’amélioration de la combustion et du rendement calorifique).
Les nouvelles augmentations des prix du fioul domestique et du gaz programmées pour 2017 ne pourront qu’encourager le retour au chauffage à bois. Ces augmentations sont le résultat de 2 décisions concomitantes :

  • La 1ère concerne la France où la loi de finances rectificative de 2015 qui avait décidé une augmentation de la taxe intérieure sur la consommation de produits énergétiques : pour 1000 litres de fioul domestique, cette augmentation serait de 27€ à partir du 1er janvier 2017 et atteindra les 142,6 € à la fin de 2017! En application de cette décision, et avec 1000 litres à 718 € début janvier 2017, le prix du fioul domestique a atteint son niveau le plus élevé depuis fin juin 2015!
  • Et la 2ème, est celle du sommet des pays exportateurs de pétrole réuni à Vienne le 30/11/2016 qui a décidé une réduction de la production de pétrole de 1,2 million de barils par jour à partir du 1/1/2017. Cette 2ème décision explique en partie (en plus de la réévaluation des tarifs règlementés) l’augmentation de 5% des prix du gaz à partir de janvier 2017… Avec ces augmentations des prix du pétrole et de ses dérivés, le bois de chauffage pourra plus facilement rattraper le terrain perdu depuis 2014.

Le chauffage à bois pourra-t-il faire valoir ses atouts législatifs et financiers à partir de 2017?


Sur le plan législatif, le 1er atout du chauffage à bois est la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte promulguée le 17 août 2015. Avec un bilan carbone neutre, le bois participe activement au 1er objectif de cette loi qui vise une réduction des GES (gaz à effet de serre) de 40% en 2030.  Il en est de même pour son 2ème objectif qui veut porter la part des énergies renouvelables à 32% de la consommation énergétique globale en 2030. De plus, le Chèque-Energie institué par cette loi pourrait aider à financer les achats de bois de chauffage. En plus, le bois de chauffage pourra bénéficier indirectement des nombreuses taxes imposées sur ses concurrents : taxe carbone ou Contribution Climat-Energie, taxes intérieures sur la consommation du pétrole et du gaz, taxe locale et nationale sur l’électricité…

Coté financements, le chauffage au bois bénéficie de plusieurs aides et subventions :

  • Le crédit d’impôt sur les travaux de rénovation énergétique (en ancre vers http://www.economie.gouv.fr/cedef/economie-energie-credit-dimpot) a été prolongé jusqu’à la fin de 2017. Cet allègement fiscal couvre jusqu’à 30% des frais des travaux lourds engagés : le remplacement des équipements anciens (chaudières…) de chauffage au fioul ou au gaz par de nouvelles chaudières à granulés de bois entre dans le cadre des travaux de rénovation énergétique. Concrètement, le plafond des montants déductibles est de 8 000 euros pour une personne vivant seule et de 16 000 euros pour un couple à déclaration fiscale commune et un supplément de 400 € pour chaque personne à charge et de 200 € pour chaque enfant vivant dans une garde alternée.
  • L’éco-prêt à taux zéro avec un plafond de 30 000€ pour les travaux d’économie d’énergie.
  • Les subventions de l’ANAH et la prime « Calculeo » de rénovation énergie.
  • Les allocations municipales.

Pour plus d’informations n’hésitez pas à venir consulter le site https://www.simplyfeu.com.